Alors que les épisodes caniculaires se succèdent, la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) alerte sur les écarts entre les besoins du terrain et les mesures annoncées pour protéger les personnes âgées. Pendant ce temps, les personnes âgées subissent et les personnels, dont l’engagement est remarquable, s’épuisent ainsi que les bénévoles… Cette situation met en lumière une fois encore les fragilités structurelles de l’accompagnement du grand âge et l’urgence d’une ambition nationale.
(Communiqué de presse – 21 juillet 2026)
Des renforts humains indispensables
La FNADEPA salue l’implication et la réactivité de la ministre déléguée chargée de l’Autonomie face à la canicule. Toutefois, elle dénonce le champ du financement exceptionnel de renforts estivaux en établissements et pour les services à domicile, restreint aux seuls départements en vigilance rouge, pour accompagner davantage les personnes âgées face aux fortes chaleurs. Une décision incompréhensible qui occulte les risques sanitaires de la chaleur sur les personnes vulnérables, même sur un temps court. De nombreux directeurs n’ont donc d’autre choix que de recruter malgré l’absence de garanties financières, au risque d’aggraver une situation budgétaire déjà très dégradée. Alors que 42 % des ESMS étaient déficitaires en 2025, cette situation n’est pas soutenable.
La FNADEPA exhorte l’État à financer les renforts estivaux dans tous les territoires cette année, dès le déclenchement des vigilances canicules, quel que soit leur niveau. Elle demande aussi instamment la pérennisation et l’élargissement de ces renforts chaque été, de juin à septembre, ainsi que, plus largement la révision des taux d’accompagnement.
Des dispositifs qui oublient une partie du secteur
L’enveloppe de 50 M€ destinée aux équipements de rafraîchissement mobiles constitue un premier pas. Mais la garantie de leur prise en charge et l’éligibilité de certains équipements (stores, brise-soleil, solutions d’ombrage, etc.) ne seront connues qu’à la rentrée ! Une incertitude qui place encore les directeurs devant un choix impossible : laisser la chaleur rentrer ou engager des dépenses indispensables au risque de n’être pas remboursés ? Pendant que les procédures administratives se mettent en place, la canicule, elle, n’attend pas. Les résidents, le personnel et les familles non plus.
Plus encore, cette enveloppe exclut les résidences autonomie sans forfait soins et les services à domicile. La chaleur s’arrêterait-elle à leurs portes ? La FNADEPA s’indigne de cette situation qui renvoie la responsabilité aux Départements. Alors que les personnes âgées souffrent de la canicule, l’État ne joue pas son rôle pour arbitrer avec ces derniers le financement des mesures nécessaires.
La Fédération appelle d’urgence à un soutien national pour ces résidences autonomie et les services afin de leur permettre de protéger des vagues de chaleur les personnes qu’elles accompagnent et leurs équipes.
Des crédits dédiés, pas des redéploiements
Au-delà du coût humain qui soulève de nombreuses inquiétudes, la FNADEPA déplore que ces 50 M€ ne soient qu’un redéploiement de crédits destinés aux Ehpad déjà en difficulté financière. Un choix inadapté face à l’ampleur des difficultés structurelles du secteur.
La Fédération demande donc la délégation urgente de crédits non reconductibles spécifiques pour financer les surcoûts liés à la canicule dans l’ensemble du secteur. Elle réclame également le dégel de la réserve prudentielle afin d’accompagner les établissements et services dans leur adaptation au changement climatique, ainsi qu’un plan massif d’investissement pour la rénovation thermique des bâtiments.
Au-delà de l’urgence, une réponse structurelle
Manque de personnels, difficultés financières, bâtiments inadaptés aux fortes chaleurs : ces difficultés sont dénoncées depuis des années. La FNADEPA appelle l’État et les parlementaires à dépasser les réponses ponctuelles et à engager enfin une politique ambitieuse en faveur du grand âge dotée de financements à la hauteur des besoins démographiques et climatiques à venir.