Entrer en maison de retraite
L'entrée en maison de retraite est un moment difficile. Claudy Jarry, président de la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa), vous aide à vous poser les bonnes questions et à faire le bon choix.
Se décider ni trop tôt, ni trop tard, voilà toute la difficulté. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Tout d'abord, l'organisation des aides à domicile qui, bien que de plus en plus structurée, peut être insuffisante dans certaines régions. Ainsi, les gardes de nuit font souvent défaut. Dans ce cas, le domicile peut devenir angoissant (peur d'une chute...). Ensuite, il faut évaluer la résistance de l'entourage : aide à domicile et famille. Il est impératif d'agir avant que celui-ci ne craque car l'urgence est toujours mauvaise conseillère. Enfin, il est préférable que la personne âgée qui entre en maison de retraite soit encore capable de se réinvestir dans un autre mode de vie, un autre environnement. Il est d'ailleurs possible de tester l'établissement, par exemple pendant un accueil temporaire, pour des vacances.
A savoir : une telle décision n'est en général jamais prise assez tôt, même si l'intéressé proclame "Je n'embêterai pas mes enfants". Et s'inscrire à l'avance n'est pas non plus une garantie : son tour passe et on ne reste pas indéfiniment en haut de la liste. En cas de dépendance physique, on peut, il est vrai, rester assez longtemps à domicile. Ce qui n’est pas possible en cas de démence.
Plusieurs types d’établissement sont possibles.
Les établissements de long séjour, très médicalisés, sont rattachés à un hôpital.
Les maisons de retraite conventionnées (Ehpad, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) signent une convention tripartite de 5 ans avec le département et l'Etat qui oblige à avoir une démarche qualité. Une nouvelle évaluation de l'offre que propose l'établissement est faite tous les ans. Un résident entrant peu dépendant dans un Ehpad est sûr d'y rester, même si sa dépendance s'accentue. La convention tripartite est donc une assurance pour l'avenir. A l'inverse, les maisons de retraite qui ne sont pas conventionnées ne peuvent pas soigner des personnes dépendantes ou qui le deviennent, ni recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale.
Les logements foyers ne sont pas soumis à convention pour l'instant. Véritable substitut du domicile, cette formule permet au résident d'être comme chez lui, avec des services collectifs. Mais il peut difficilement y rester s'il devient trop dépendant.
A savoir : ne vous laissez pas forcément séduire par une apparence "médicalisée". Une structure est médicalisée parce qu'elle emploie du personnel médical, ce qui n'est pas forcément synonyme de chrome, blouses blanches ou perte de droits pour le résident. En fait, le médical ne doit pas se voir. Soigner s'il le faut, mais dans un univers familier et confortable.
Statut privé ou statut public ? Dans le secteur privé, on trouve des établissements à but lucratif et des établissements associatifs ; dans le public, des établissements relevant du secteur sanitaire (hospitalier) ou de la territoriale (communes).
Le privé lucratif. En positif, des structures plus disponibles. Ce sont souvent des groupes qui peuvent trouver rapidement une solution. L'architecture des établissements évolue, le caractère hôtelier est soigné.
L'associatif. C'est souvent très bien. Les associations sont impliquées au plan local. Ce secteur est souvent saturé. Il faut s'y prendre bien à l'avance.
L'hospitalier. Le point fort de ce type d'établissement, c'est le soin, et son point faible, le volet hôtelier. La gestion est faite par l'Etat et la réponse aux besoins est formatée.
Le territorial. Les promoteurs de ces établissements sont les communes. Le principal avantage est que la culture locale y est très respectée.
A savoir : en termes de prix, on ne peut pas dire d'emblée lesquelles de ces structures sont les plus chères. Le privé, auparavant plus onéreux, s'adresse désormais à des populations de niveaux de vie différents. De plus, c'est un secteur où il y a peu d'adéquation qualité/prix.
Humainement, c'est le rêve, mais c'est souvent économiquement difficile (une veilleuse de nuit est payée le même salaire pour 50 lits ou pour 10). L'équilibre économique de ce type d'établissement se situe entre 60 et 80 lits. Le secteur s'organise peu à peu : certains petits établissements fonctionnent désormais en réseau et peuvent ainsi profiter d'économies d'échelle.
Le prix comprend deux éléments : le tarif hébergement et le ticket modérateur qui représente la part de la dépendance non couverte par l'Apa (Allocation personnalisée d'autonomie). Ce dernier est d'autant plus élevé qu'il y a de personnel soignant (hors infirmiers). C'est sur le coût de l'hébergement que se joue la différence entre privé et public. C'est là que se répercutent :
Les aides financières sont essentiellement de deux types : une allocation logement traditionnelle (versée selon les règles habituelles) et, dans un Ehpad ou un long séjour, l’Apa (Allocation personnalisée d’autonomie), versée directement à l’établissement avec l’accord du résidents. L’Apa, dont le montant varie selon les revenus du bénéficiaire, aide ce dernier à acquitter les dépenses relatives à la dépendance. En logement foyer, les résidents reçoivent le montant de l'Apa versée à domicile. On peut aussi obtenir des aides des caisses de retraite complémentaires (de moins en moins). Par ailleurs, les personnes ayant de très faibles ressources peuvent bénéficier de l'aide sociale départementale.
Auprès d'un Clic (Centre local d'information et de coordination), au CCAS (Centre communal d'action sociale) de votre mairie ou à notre caisse de retraite complémentaire.
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